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Notes pour l'allocution de Monsieur Jean-Guy Rioux à l'occasion de la signature du protocole de solidarité, Caraquet, le 15 août 2001
Mesdames, Messieurs,
Bonjour,
La fête nationale du 15 août est un événement important pour les Acadiens et les Acadiennes. C'est l'occasion de célébrer qui nous sommes et de réfléchir à notre avenir comme collectivité.
C'est pourquoi le Forum de concertation des organismes acadiens du Nouveau-Brunswick, qui regroupe vingt-neuf organismes, a choisi cette journée afin de signer un protocole de solidarité pour l'obtention d'une nouvelle Loi sur les droits linguistiques au Nouveau-Brunswick. Le Forum de concertation, rappelons-le, est un organisme provincial qui a pour but la réalisation du plan de développement global de la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick, en plus de prendre position sur des enjeux majeurs touchant à la communauté acadienne de la province : des organismes à caractère provincial, dont la langue de travail est exclusivement le français et dont l'intérêt est de travailler au développement de la communauté.
Pourquoi le Forum a-t-il décidé de s'engager dans un tel processus, vous demandez-vous peut-être? Le dossier des langues officielles au Nouveau-Brunswick touche à tous les secteurs de la vie collective acadienne.
Sans obligation de services en français du gouvernement, sans engagement de mise en œuvre de l'égalité des deux communautés linguistiques, bref, sans avancement significatif dans ce dossier, notre réalité au sein des instances gouvernementales de la province n'est que tolérée par "notre" gouvernement.
La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick. (SAANB) joue un rôle de premier plan dans ce secteur. L'Association des juristes d'expression française du Nouveau-Brunswick a joué un rôle proactif de réflexion et de sensibilisation sur le dossier et cela a donné lieu, en mars dernier, à un important Symposium sur l'égalités des communautés linguistiques au Nouveau-Brunswick.
Constatant alors que le gouvernement provincial ne prêtait pas une oreille active à nos préoccupations et à nos revendications, en ne voulant pas agir de façon décisive dans ce dossier le Forum, avec l'appui de ses membres, a décidé de s'y engager résolument et de démontrer au gouvernement qu'il faut donner suite à nos demandes.
Aujourd'hui avec ce geste de solidarité, nous demandons au gouvernement du Nouveau-Brunswick de faire le nécessaire pour que soit adoptée une nouvelle Loi sur les droits linguistiques, qui soit respectueuse des obligations constitutionnelles de la province, conformément à la volonté exprimée par la collectivité acadienne depuis de nombreuses années.
Vous vous souviendrez sans doute que lors d'un événement semblable en 1988, la collectivité acadienne demandait unanimement que la Loi 88, reconnaissant l'égalité des deux communautés linguistiques du N.-B., soit enchâssée dans le Constitution canadienne. C'est le 12 mars 1993 que cet enchâssement prenait place.
Nous osons croire que ce geste de solidarité que nous posons en ce jour de notre Fête nationale fera comprendre au gouvernement provincial qu'il est plus que temps d'agir et qu'il doit nous donner ce que nous demandons depuis déjà trop longtemps.
Ce n'est que le début de cette démarche à laquelle se joindront d'autres groupes et nous entendons poursuivre nos actions jusqu'à ce que nous obtenions cette nouvelle Loi, afin que nous puissions évoluer le plus rapidement possible vers ce droit qui nous est reconnu par la Charte canadienne des droits et libertés, soit l'égalité des deux communautés linguistiques de la province.
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