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COMMUNIQUÉ
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Le livre blanc sur l’éducation n’offre que des pouvoirs en trompe-l’œil, estime la SAANB
Petit-Rocher, le jeudi 23 janvier 1997 - La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick estime que le livre blanc «Proposition pour la Loi sur l’éducation du Nouveau-Brunswick » exclut tout pouvoir de gestion exclusif aux Acadiens et aura de graves conséquences sur l’avenir de l’Acadie.
Participant ce jeudi 23 janvier aux audiences publiques sur le livre blanc, le président de la SAANB Ronald Brun a insisté pour
dénoncer la centralisation excessive des pouvoirs entre les mains du ministre de l’Éducation qui rend caduques tous les pouvoirs prétendument confiés à la communauté et aux parents.
« Le livre blanc n’offre que des pouvoirs en trompe-l’œil à la communauté acadienne, a déclaré Ronald Brun. D’entrée de jeu, le
ministre se réserve le pouvoir suprême dans la gestion de l’éducation. La ligne hiérarchique du système remonte directement à lui. Il ne laisse aux membres de la Commission provinciale qu’un rôle de figurants qu’on consulte. Il s’agit là de la plus importante entreprise de centralisation du pouvoir jamais exercée dans le monde de l’éducation.»
Ainsi, à l’instar de nombreux intervenants qui l’ont précédée aux audiences, la SAANB estime que le document du ministre de
l’Éducation s’inscrit en faux contre l’article 23 de la Charte canadienne des droits et des libertés, et contre la Loi 88.
La SAANB souligne que l’école est le point de ralliement privilégié des Acadiens du Nouveau-Brunswick parce qu’elle constitue le
lieu d’appropriation du territoire, le cœur d’une communauté. Elle définit le citoyen, le prépare à son avenir, et elle participe au
développement économique du village, de la ville et de la province. La langue française et la culture acadienne y sont dynamisées,
rappelle la SAANB.
« Voudrait-on nuire à l’avenir de l’Acadie qu’on ne ferait pas mieux que s’en prendre à sa gestion de l’éducation. Nous sommes des
précurseurs, au Canada, dans la gestion scolaire. Il n’est pas question qu’on fasse de nous des membres d’une simple minorité sans
pouvoir de gestion, dirigés par un gouvernement avide de pouvoir. »
La SAANB exige que le Ministre reconnaisse le droit exclusif de la communauté à la gestion et au contrôle de l’éducation par le biais d’une structure décentralisée. Les membres de la Commission provinciale de l’éducation doivent être assurés de leur autonomie, être redevables à la communauté, et ils doivent disposer de la gestion des programmes et des écoles, de l’administration du personnel, ainsi que du pouvoir de dépenser. La SAANB rappelle à ce sujet que les Acadiens réclamaient le pouvoir de dépenser
localement pour les commissions scolaires abolies, tel que pour l’achat de fournitures, de matériaux, et de manuels scolaires, par
exemple.
Au chapitre des centres scolaires communautaires en régions majoritaires anglophones, la SAANB dénonce l’absence de mesure dans le livre blanc pour garantir leur épanouissement. La réforme scolaire a déjà détruit la structure de gestion de ces centres qui ne sont plus considérés que comme de simples écoles. La SAANB déplore le fait que les centres ont de plus en plus de mal à lutter à armes égales avec les institutions anglophones.
« Le gouvernement ferme les yeux devant des inscriptions de francophones dans des classes d’immersion pourtant destinées aux seuls anglophones, selon le jugement Richard. La nouvelle loi scolaire doit contenir des dispositions pour que le jugement Richard
soit respecté et que les parents soient incités à inscrire leurs enfants à l’école française où ils trouveront des services de qualité. »
La SAANB estime par ailleurs que c’est à une dualité bien particulière que nous convie le livre blanc. En façade, dit la SAANB, on
pose la dualité comme la pierre angulaire de la nouvelle loi scolaire, mais à Frédéricton, on fusionne des services pour les fondre
dans un environnement bilingue.
« On aurait tord de considérer la dualité comme un absolu en soi, alors qu’elle perd de son sens face à la centralisation abusive des
pouvoirs au profit du Ministre. La communauté doit disposer du contrôle effectif de son éducation pour que la dualité ait un sens », insiste monsieur Brun.
pour information :
Martin Pître, resp. des Communications et de la Recherche - SAANB
Tél. 506-783.4205
Téléc. 506-783-0629

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