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COMMUNIQUÉ
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La SAANB demande au gouvernement de confier la gestion de l’éducation aux Comités de parents
SAINT-LOUIS-DE-KENT, le 9 juin 1998 — Dans un nouvel effort pour trouver une solution à l’impasse qui sévit dans le monde scolaire depuis l’adoption de la nouvelle Loi sur l’éducation, la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB) propose au gouvernement provincial de conserver la structure actuelle de gouverne mais d’y accorder un véritable pouvoir de gestion à la communauté acadienne par le biais d’une reconnaissance officielle des Comités de parents du Nouveau-Brunswick.
Dans son mémoire présenté mardi soir au Comité d’étude de la structure de gouverne parentale en éducation, la présidente de la SAANB, Ghislaine Foulem, a insisté pour que la communauté acadienne exerce son droit de gestion de l’éducation, tel que le prévoit la Constitution canadienne. Le principe directeur qui a guidé la Société dans l’élaboration de son modèle de gestion peut se résumer dans la formule «vision globale, action locale». Il s’agit de répondre au besoin de décentraliser davantage les pouvoirs, sans toutefois perdre de vue la nécessité d’une cohésion.
Le modèle proposé par la SAANB permet de maintenir la structure actuelle de gestion à trois paliers, à savoir le local, le régional et le provincial. À chaque niveau de gouverne se situe un degré de pouvoir particulier. Par soucis d’imputabilité, c’est-à-dire de responsabilité, les gestionnaires de l’éducations seraient nécessairement membres des Comités de parents du N.-B. Outre les parents, les personnes de la communauté pourraient participer à la gestion de l’éducation, soit en devenant membres des Comités de parents du N.-B., ou encore par le biais des associations provinciales pertinentes qui siégeraient, sans droit de vote, aux divers paliers de gouverne.
Au niveau local, les Comités de parents de l’école auraient essentiellement un rôle consultatif, sauf pour ce qui est de la conclusion d’accord sur l’utilisation
des équipements. C’est donc au local qu’on déciderait de la location des écoles après les heures de cours, par exemple, le tout selon des normes établies à des niveaux supérieurs. De plus, les Comités de parents de l’école délégueraient des représentants au district, là où sont prises d’importantes décisions. Les Conseils acadiens de districts auraient des pouvoirs étendus qui permettraient d’importantes retombées socio-économiques immédiates dans la communauté, notamment par le biais de l’affectation des budgets. Ces Conseils décideraient de l’embauche, la supervision et l’évaluation de la direction générale du district; de la sélection des directions d’écoles; de l’embauche des professeurs et du personnel de soutien; de l’affectation des budgets attribués au district; ainsi que de l’évaluation des projets éducatifs dans le district. Selon les normes établies au niveau provincial, c’est-à-dire par la Commission acadienne provinciale d’éducation (CAPE), le district serait également responsable de l’admission des élèves, de l’emplacement et de la gestion des installations scolaires et des équipements. À leur tour, les districts délégueraient des représentants au niveau provincial, c’est-à-dire à la CAPE, laquelle disposerait de pouvoirs étendus. En outre, la CAPE élaborerait et approuverait le plan de dépense provincial; elle établirait les normes et les objectifs; elle élaborerait et évaluerait le projet éducatif provincial ainsi que les programmes d’étude; et déciderait des manuels scolaires et des logiciels informatiques. De même, la CAPE embaucherait et superviserait la direction générale de l’éducation, de même que le personnel administratif (l’ensemble du personnel des services éducatifs francophones). Il s’agit d’un transfert de tutelle du personnel administratif en poste, depuis le Ministre jusqu’à la communauté. La CAPE, enfin, agirait à titre d’instance d’appel des décisions des régions, lorsque demandé par un comité d’école.
«On aurait tord de nier la capacité des Acadiens et Acadiennes à gérer eux-mêmes l’éducation de leurs enfants en favorisant le maintien d’une main-mise ministérielle, toute subtile puisse-t-elle être, a déclaré Ghislaine Foulem. Les Acadiens sont en mesure de prendre en main la gouverne de leur éducation, tout comme ils sont en mesure de faire élire un Premier ministre», a insisté la présidente de la SAANB.
Avec la structure proposée par la SAANB, la gestion de l’éducation pour les Acadiens revient en ligne directe à la communauté qui définit les normes scolaires dans un soucis d’équité et de cohésion pour toutes les régions acadiennes. Le modèle prévoit une cogestion avec le ministre au niveau de la gestion des biens scolaires, de l’établissement et du regroupement des écoles. Le Ministre, enfin, établit le budget versé à l’éducation et fait le lien entre la communauté et le Cabinet provincial.
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