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Droits linguistiques de la communauté acadienne

Les libéraux et les conservateurs refusent de se compromettre



Petit-Rocher, le 27 mai 1999 - La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick n’accepte pas le manque d’engagement des chefs des partis libéral et progressiste-conservateur, envers les droits linguistiques de la communauté acadienne. Lors du débat des chefs à Radio-Canada, Messieurs Thériault et Lord sont demeurés inflexibles sur leur position de ne pas engager leurs partis politiques dans un processus de révision de la Loi sur les langues officielles.

Seule Madame Élizabeth Weir, cheffe du Nouveau parti démocratique, s’est engagée à réformer la Loi sur les langues officielles, si son parti est porté au pouvoir le 7 juin prochain. Elle était d’ailleurs la seule à accepter de participer à un débat demandé par la SAANB, avant le déclenchement des élections, un débat qui devait traiter des enjeux politiques d’intérêt pour le peuple acadien du Nouveau-Brunswick.

«Ce manque d’intérêt et d’engagement de la part de ces deux partis politiques traditionnels est inacceptable, de dire la
présidente de la SAANB, Madame Ghislaine Foulem. Le premier ministre Thériault s’est limité à dire que son gouvernement était à revisiter cette question, à travers Une étude de l’efficacité de la politique linguistique du Nouveau-Brunswick (rapport Delaney-LeBlanc). Il a dit attendre encore les rapports des sous-ministres, avant de regarder comment son gouvernement entendait améliorer la qualité des services, et ce deux ans après le dépôt du rapport.

«Les changements proposés dans ce rapport ne sont qu’administratifs et ils sont insuffisants, d’ajouter Madame Foulem; c’est toute la loi qu’il faut changer.

«Quant au chef du parti conservateur, Bernard Lord, il a réitéré son engagement au bilinguisme, accusant les libéraux et les
néo-démocrates de vouloir diviser la province avec la question linguistique. Il a complètement évité la question, se faisant dire à plusieurs reprises par le premier ministre Thériault, que les néo-brunswickois étaient très tolérants et qu’il ne fallait pas se sentir sur la défensive par ce sujet».

Selon Madame Foulem, on ne peut parler d’emplois ou de services de santé sans relier ces domaines à la question linguistique.
Quand les partis parlent d’emplois, ils doivent viser la création d’emplois durables et bien rémunérés, ainsi que le droit de
travailler en français dans le secteur public. Le gouvernement doit assurer une représentation équilibrée des deux communautés
de langues officielles dans les institutions provinciales. Au niveau des services de santé, ils doivent être accessibles dans les
deux langues officielles partout au Nouveau-Brunswick».

«La SAANB ne demande rien d’autre que la consolidation de l’égalité de statut entre les communautés linguistiques de la province, de poursuivre Madame Foulem. Nous voulons que les institutions de l’Assemblée législative et du Gouvernement du Nouveau-Brunswick assurent le respect des droits linguistiques garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

«La Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick est désuète, datant de plus de 30 ans, et une nouvelle loi est essentielle afin d’en corriger les graves lacunes. Cette loi est très peu connue et peu utilisée, parce qu’elle n’offre pratiquement
pas de protection ou de recours et n’est soumise à aucun mécanisme d’évaluation. Il est donc plus que temps de passer à l’action et la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick poursuivra ses démarches jusqu’à ce que nos dirigeants politiques acceptent de réviser la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick est un organisme provincial voué à promouvoir et défendre les intérêts de la communauté acadienne.

-30-

Source : Ghislaine Foulem, présidente

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