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Réaction de la SAANB à la campagne électorale : des enjeux cruciaux oubliés



Petit-Rocher, le 12 janvier 2006 –
La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB) constate le peu d’intérêt suscité par des questions importantes pour la communauté acadienne et désire attirer l’attention de la population francophone sur certains dossiers révélateurs, notamment sur l’appel fédéral de la décision concernant la GRC, sur la fusion par l’Agence des services frontaliers du Canada des districts Nord et Centre en un seul district appelé maintenant Nord-Ouest, ainsi que sur le développement économique de nos régions.

« Le Nouveau-Brunswick, étant la seule province bilingue au Canada, il serait normal que les futurs députés fédéraux des dix circonscriptions de la province soient conscients de leur responsabilité face au développement et à l’épanouissement des droits des francophones de notre province », estime Marie-Pierre Simard, présidente de la SAANB.

C’est donc pour que les électeurs et les électrices puissent connaître l’engagement des aspirants députés envers les dossiers prioritaires de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick que la SAANB leur a fait parvenir un questionnaire portant sur plusieurs dossiers d’actualité.

Encore une fois, la SAANB déplore le fait que peu de candidats et de candidates aient répondu au questionnaire. Sept réponses ont été obtenues en tout. Notons, cependant, que le NPD a répondu par la voix de son chef, Jack Layton. Pour ce parti, Neil Gardner (Beauséjour) et Terry Albright (Saint-John) se sont aussi manifestés. Une réponse pour l’ensemble du Parti conservateur fut également reçue, de même qu’une de la part de Pat Lynch (Fredericton) et de Serge Savoie (Acadie-Bathurst). Philippe Rousselle (Acadie-Bathurst) s’est prononcé pour le Parti vert. Tous étaient généralement favorables à nos positions, le NPD étant plus précis dans ses réponses et dans l’appui à nos revendications. Notons l’absence de réponses en provenance du Parti libéral, ce qui, selon la présidente de la SAANB, Marie-Pierre Simard, nous laisse pour le moins perplexes. Le Parti conservateur a décidé de ne pas se prononcer sur les dossiers de la GRC et des douanes.

« Pourtant, les questions soulevées sont d’une importance capitale pour la communauté acadienne », rappelle la présidente. Dans le dossier du bilinguisme à la GRC, la SAANB a déploré la décision du ministère fédéral de la Justice de porter en appel le jugement favorable rendu par la juge Gauthier de la Cour fédérale, suite à la poursuite intentée par la SAANB et une citoyenne, Marie-Claire Paulin, au sujet des obligations linguistiques de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) lorsqu’elle fournit les services de police pour le compte de la province.

Rappelons que dans son jugement, la juge Gauthier disait, entre autres, que le service de police provincial offert par la Gendarmerie Royale du Canada en vertu de son entente avec la province du Nouveau-Brunswick est un service auquel s’applique le paragraphe 20(2) de la Charte canadienne des droits et libertés. De plus, la Cour ajoutait que le paragraphe 16.1(1) de la Charte énonce un principe d’application générale et qu’en vertu de l’article 32 de la Charte, il lie le parlement et le gouvernement fédéral; le gouvernement fédéral doit donc en tenir compte.

« Il est totalement aberrant que le ministère fédéral de la Justice et la GRC aillent en appel d’une décision qui ne fait que mettre en application les lois linguistiques promulguées par nos gouvernements fédéral et provincial, leurs propres employeurs », insiste la présidente de la SAANB. « En agissant ainsi, ils remettent en question les décisions de leur propre institution et contestent les lois mises en place par les gouvernements d’un pays et d’une province officiellement bilingue », ajoute-t-elle.

Nous avons immédiatement demandé aux politiciens fédéraux et provinciaux d’intervenir rapidement pour mettre un terme à cette démarche ridicule, onéreuse et insultante pour les citoyens francophones du Nouveau-Brunswick. Très peu de politiciens et de candidats ont répondu à l’appel et aucun du parti au pouvoir! Même le ministre Andy Scott, responsable politique pour le Nouveau-Brunswick, n’a pas daigné retourner nos appels à ce sujet.

Pourtant, nos appuis sont nombreux. Le Forum de concertation des organismes acadiens, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, la province du Nouveau-Brunswick elle-même, le député d’Acadie-Bathurst, le Ministre des Relations intergouvernementales et internationales du Nouveau-Brunswick, l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, la Fédération d’alphabétisation du Nouveau-Brunswick ainsi que le Parti libéral du Nouveau-Brunswick ont appuyé notre demande de retrait de l’appel.

En ce qui concerne l’appui au développement des communautés de langue officielle, la fusion, par l’Agence des services frontaliers du Canada, des districts Nord et Centre en un seul district appelé maintenant Nord-Ouest est une autre indication de l’incohérence entre les lois linguistiques et certaines décisions administratives et politiques du gouvernement fédéral. « Nous avons porté plainte au Commissariat aux langues officielles à ce sujet et nous sommes prêts à retourner en cour s’il le faut pour que cette décision soit revue de façon à donner de meilleurs services en français et à permettre aux francophones de travailler plus souvent dans leur langue », poursuit Marie-Pierre Simard.

Finalement, la question du développement rural reçoit l’assentiment de principe des sept répondants, mais peu de mesures concrètes sont proposées pour s’attaquer aux problèmes économiques majeurs que connaissaient nos régions en décroissance. « Il faudrait un véritable programme de sauvetage de ces régions, fait en concertation avec les différents paliers de gouvernements et les intervenants régionaux », croit la présidente.

« C’est pourquoi, nous incitons les électeurs et électrices à prendre en considération les enjeux de la société acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick avant de voter le 23 janvier prochain », conclut-elle.

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La SAANB est un organisme provincial qui vise à défendre et à promouvoir les droits et intérêts de la communauté acadienne.

Renseignements : (506) 783-4205

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