Grande cérémonie d’inauguration à Saint-Basile
Le Nord-Ouest a son monument de la Commission de l’Odyssée acadienne
EDMUNDSTON, Nouveau-Brunswick – La Société Louis-Napoléon-Dugal (SLND) et la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB), sont heureuses d’annoncer l’aboutissement du travail de leur comité ad-hoc oeuvrant à l’installation d’un monument commémoratif du 250e anniversaire de la Déportation sur son territoire. La cérémonie de dévoilement du monument aura lieu à Saint-Basile le vendredi 28 juillet à 11 h sur le terrain situé entre l’aréna et le presbytère.
Le comité ad-hoc de la SLND a commencé son travail en juin 2005 lorsqu’elle a proposé la région du Madawaska comme site privilégié d’installation d’un monument commémoratif du 250e dans le cadre du circuit de commémoration de la Commission de l’Odyssée initié par la Société nationale de l’Acadie (SNA) le 28 juillet à Dieppe lors du dévoilement du premier monument.
Monsieur Mathieu Lang, président sortant de la SLND, souligne que la candidature de Saint-Basile comme jalon historique dans les événements entourant la Déportation allait vraiment de soi : « Les historiens s’entendent en effet pour reconnaître l’importance de la rivière ou du fleuve Saint-Jean comme moyen de communication entre l’Acadie et la Nouvelle-France dans les décennies précédant la Déportation, avant la chute de Port-Royal en 1710. Déjà durant les années 1660-1670, l’intendant de Québec, Jean Talon, affirmait que la rivière Saint-Jean et les portages de canot devant l’accompagner, en raison des chutes, avait le potentiel de devenir la route terrestre la plus courte et la plus sûre entre le Canada et l’Acadie. » Quand à choisir un endroit privilégié, les membres du comité ont tout de suite suggéré Saint-Basile, berceau du Madawaska, lieu de débarquement des premiers colons en provenance de Sainte-Anne-des-Pays-Bas.
Michel Thériault, porte-parole du comité ad-hoc de la SLND, insiste pour sa part sur le processus entourant l’acceptation du lieu : « Les gens autour de la table se sont demandé à un moment donné s’il ne fallait pas reconnaître Saint-David aussi puisque c’est de ce côté du fleuve que s’est installée la majorité des colons. Il a fallu reconnaître que la frontière n’existait pas à cette époque et que la première paroisse à avoir été reconnue ayant été Saint-Basile, il importait de reconnaître ce fait, d’autant plus qu’elle était située en ce qui allait devenir territoire canadien avec le traité d’Ashburton-Webster en 1842. »
L’histoire rapporte en effet que les premiers colons arrivés dans la région du Haut-Saint-Jean connaissaient le lieu suite à l’exil provoqué par la Déportation comme le précise le texte qui suit :
« L’établissement d’une colonie acadienne au Madawaska, le long de la rivière Saint-Jean, et plus particulièrement à Saint-Basile, remonte en juillet 1785, les colons ayant reçu la permission de s’y établir du gouverneur du Nouveau-Brunswick le 25 juin de la même année.
Les colons acadiens ont fait le voyage sur la rivière Saint-Jean à partir de Sainte-Anne-des-Pays-Bas, littéralement repoussés par la venue des Loyalistes en 1783 dont la grande majorité s’était emparé de leurs terres, ou tout simplement rebutés par l’insécurité de ce voisinage. Ils étaient les descendants de réfugiés qui, fuyant la Déportation, s’étaient établis sur les berges de la rivière, se croyant à l’abri de représailles du gouvernement de Halifax. À la suite du massacre de Sainte-Anne-des-Pays-Bas par Moses Hazen et ses troupes en février 1759, certains des fuyards remontent par la rivière jusqu’en Nouvelle-France (Kamouraska et Bas-Saint-Laurent) pour revenir vers 1763.
La rivière Saint-Jean et le pays du Madawaska ont donc été témoins du passage des réfugiés de la Déportation. Ce n’est donc pas par hasard que Saint-Basile et le Madawaska tirent leurs racines des événements inaugurés par les autorités britanniques en 1755. Ces colons estimaient à juste titre que seul l’éloignement pouvait leur apporter la paix propre au développement sécuritaire d’un pays où ils pourraient parler français et pratiquer leur religion. »
En entrevue téléphonique, monsieur Nicholas Landry, historien bien connu, précisait en outre ceci : « La présence d’Acadiens au Madawaska, bientôt rejoints par des Canadiens, rassurait le nouveau gouvernement britannique puisque l’établissement permettait à l’Angleterre d’affirmer son occupation et de contrecarrer ainsi les ambitions territoriales américaines. »
Le choix de la SNA a donc été judicieux puisqu’il permet à la population acadienne de reconnaître l’apport du Madawaska à la création de l’Acadie moderne tout comme il permet aux Madawaskayens de reconnaître les efforts inlassables, l’opiniâtreté sans faille de leurs ancêtres qui ont dû vivre en exil pendant plus de trente ans avant de connaître les joies d’un pays ou d’un territoire qui leur soit propre.
Le président de la SLND, Ernest Sirois, mentionne enfin que la cérémonie sera haute en couleurs puisque Albert Belzile, artiste bien connu dans la région, effectuera le lancement du simple « Exil-Retour », chanson dont le thème est le 250e anniversaire de la Déportation des Acadiens. « Nous recevrons également la visite de délégations du Maine francophone, de Caraquet et de Miramichi qui seront accueillies par des membres de la troupe de « L’Acadie des terres et forêts en fête » et de la Société culturelle de Saint-Basile. L’hymne national sera entonné par un quatuor formé de Adrienne Roy, Arthur Cyr, Camille Roy et Pierrette Powers, ponctué par la levée du drapeau jusqu’à la mi-mât comme le veut la Proclamation du 250e signée à pareille date l’an dernier par toutes les municipalités du Nord-Ouest. La SLND désire remercier tout particulièrement les bénévoles qui ont permis à ce projet de se réaliser : outre Mathieu Lang et Michel Thériault, Conrad Soucy, Pauline Banville-Pérusse et Roland Cyr ont fait de l’excellent travail. Les partenaires financiers doivent finalement être soulignés puisqu’ils ont rendu possible cette réalisation : la SAANB premièrement, la province du Nouveau-Brunswick deuxièmement, et enfin la Ville d’Edmundston » de conclure monsieur Sirois.
La cérémonie se déroulera à 11 h, sur la rue Principale à Saint-Basile, au terrain situé entre l’aréna et le presbytère, et se terminera par un dîner champêtre. Finalement, apportez vos parapluies ou parasols pour vous protéger des éléments.
- 30 -
Sources :
Mathieu Lang, président sortant de la Société Louis-Napoléon-Dugal; 382-5825 (d)
Ernest Sirois, président de la Société Louis-Napoléon-Dugal; 992-2624
Michel Thériault, porte-parole du comité ad hoc de la SLND; 739-5039 (d)
