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Du silence au discours à l'action

Réaction aux recommandations de l’Étude sur l’efficacité de la politique linguistique du Nouveau-Brunswick

Moncton, le 17 février 1997

Mesdames, messieurs les journalistes, bonjour

Comme vous le savez tous, la SAANB n’a pas cessé, depuis dix ans, de répéter au gouvernement du Nouveau-Brunswick que sa politique de mise en œuvre de la loi sur les langues officielles est inefficace et qu’elle comporte des effets contraires aux objectifs visés.

Nous avons maintes fois déploré l’absence d’offre active de services de qualité égale, déploré la quasi impossibilité de travailler en français, l’anglicisation de la fonction publique, l’ambiguïté des objectifs de la politique, le fonctionnement quasi unilingue anglais de ce gouvernement, de ses sociétés, comités, et la piètre qualité des services en français des corporations hospitalières, entre autres dans la Miramichi.

Malgré tout, depuis dix ans, le gouvernement McKenna a instauré l’ère du silence sur ces problèmes. Le premier ministre lui-même déclarait encore récemment, en campagne électorale, que le dossier linguistique ne faisait pas partie de ses priorités, que ça ne concernait que la SAANB.

Nous constatons aujourd’hui avec satisfaction que cette période est terminée. Voici l’ère du discours, de la parole. Et voici que les auteurs de l’Étude sur l’efficacité de la politique linguistique réaffirment le devoir du gouvernement du Nouveau-Brunswick en matière de promotion des langues officielles.

Nous accueillons donc favorablement cette étude et nous soulignons la qualité de sa méthodologie d’analyse et d’enquête. Nous constatons qu’il s’agit de la première enquête de ce type sur le rendement du gouvernement en matière de langues officielles, dix ans après l’adoption de la politique, en 1988. Nous soulignons au passage la contribution du Commissariat aux langues officielles fédéral à la méthodologie d’enquête. Nous estimons, contrairement au ministre Bernard Richard, qu’un tel commissariat n’est pas si inefficace et si lourd qu’il le dit si souvent.

Ambiguïtés et lacunes de l’étude
Cette étude fournit un nombre important de données et elle touche aux éléments qui sont théoriquement nécessaires à une bonne politique linguistique, à savoir la langue de service, l’offre active, la langue de travail, les services privatisés, la gestion de la politique, la gestion des plaintes. En outre, la SAANB prend note que le rapport répond au besoin d’une définition claire et précise de la notion de service de qualité égale.

Malgré tout, la lecture de l’étude laisse planer quelques ambiguïtés. En particulier, dans la compilation des données, l’étude ne fait pas de distinction entre les réponses fournies par les employés en région et ceux de la capitale. Cette absence de précision brouille l’analyse et nous empêche de brosser un portrait fiable des compétences linguistiques et de l’usage des langues officielles dans les relations de travail.

De même, l’étude propose d’établir un profil annuel de la fonction publique selon les compétences linguistiques (qui peut parler français, anglais et qui est bilingue, à l’oral et à l’écrit). Ce qui est déjà bien. Il faut savoir que le gouvernement provincial a aboli ces profils au début des années 1990, ce qui pose des problèmes d’analyse de la situation.

Mais la recommandation de l’étude serait encore plus utile si on ajoutait un deuxième profil qui nous dirait combien d’Acadiens et combien d’anglophones composent la fonction publique. Alors, on saurait si on participe équitablement à la gestion de la province, dans tous les échelons de la prise de décision.

L’étude pose aussi problème en ce qui a trait aux mécanismes proposés de gestion de la politique et aux mécanismes de gestion des plaintes. Nous verrons plus loin que tant qu’à rapiécer une politique inefficace et une loi sur les langues officielles désuète, il est sans doute plus efficace de recommander une nouvelle loi. Ce gouvernement semble d’ailleurs avoir découvert le secret de la rapidité des réformes...
(suite - La gestion de la politique et des plaintes)

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