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Du silence au discours à l'action (suite)

La gestion de la politique et des plaintes
L’une des principales recommandations de l’étude en ce qui a trait à la gestion de la politique des langues officielles consiste en la création d’un comité de sous-ministres. Considérant le peu d’entrain avec lequel les sous-ministres ont jusqu’ici traité la question linguistique, nous sommes en droit de nous poser de sérieuses questions sur l’efficacité d’une telle mesure. Nous osons croire, cependant, que ce comité peut participer à accroître l’importance donnée au dossier linguistique s’il constitue un maillon d’une solide chaîne comportant en première ligne une loi claire et précise, comme nous le verrons plus loin.

Par contre, là où ça ne va plus, c’est lorsqu’on recommande un rôle élargi au Bureau des langues officielles. Comment peut-on concilier la promotion de la politique linguistique, le conseil aux ministères et agences, et gérer les plaintes contre ces mêmes ministères ? Un tel chevauchement écarte toute possibilité d’objectivité dans le règlement des lacunes à la loi et à la politique sur les langues officielles. De plus, les auteurs de l’étude ne répondent pas à la grave question qu’ils se posent eux-mêmes sur l’indépendance du Bureau des langues officielles.

De plus, en même temps qu’on recommande ce mandat élargi au Bureau des langues officielles, le rapport entretient la confusion en recommandant que l’Ombudsman continue de recevoir les plaintes du public. Non seulement il s’agit d’un dédoublement évident, mais cette structure entretient également l’ambiguïté que nous avons toujours dénoncée dans la gestion de la politique et des plaintes.

Langue de travail
Au chapitre de la langue de travail, tandis que l’étude invite le gouvernement à faire preuve de dynamisme, les auteurs sont silencieux sur la reconnaissance du droit à travailler dans sa langue. On y affirme le caractère purement déclaratoire de la politique en la matière.

Or, puisque la province est appelée à absorber bientôt des services présentement dispensés par le fédéral, nous croyons que le moment est propice de reconnaître ce droit, puisque les fonctionnaires fédéraux l’ont déjà.

Et si le gouvernement refuse cette reconnaissance, s’il persiste à affirmer que l’article 16(2) de la Charte canadienne des droits et des libertés est lui aussi purement déclaratoire, la SAANB recommande que le gouvernement fasse un renvoi pour examiner la portée de cet article.
(suite - Du silence, au discours, à l’action!)

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