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L'avenir politique et économique de l'Acadie
du Nouveau-Brunswick
Troisième partie
Le bilan des trente dernières années
Synthèse
Hubert Cyr Denis Duval André Leclerc
une étude réalisée pour le compte de la SAANB, sous la
direction de M. André Leclerc, avec le concours de
Hubert Cyr et Denis Duval
juin 1994
Les Acadiens et Acadiennes sont actuellement
confrontés à une multitude de transformations des structures
politiques et économiques qui ont caractérisé les trente dernières
années. D'abord sur le plan politique, leur situation de communautés
minoritaires les place souvent dans une situation où ils ont
peu d'influence sur les changements institutionnels. Trois
"projets" risquent de changer sensiblement le contexte
politique : l'union des provinces Maritimes, l'indépendance
du Québec et la réforme administrative du gouvernement du
Nouveau-Brunswick. Du côté des structures économiques, deux
changements fondamentaux sont en train de s'opérer, l'intégration
économique à l'échelle continentale et le désengagement de
l'État.
C'est dans ce contexte que la SAANB a commandé, il y a un
peu plus de deux ans, une étude dont l'objectif ultime est
de permettre à la société acadienne de définir son avenir.
La première étape de cette étude avait comme but de dresser
le bilan des trente dernières années dans quatre domaines
très précis : situation démo-linguistique, place des Acadiens
et des Acadiennes dans la fonction publique provinciale, comportement
électoral des Acadiens et des Acadiennes et la situation socio-
économique. Afin de pouvoir intégrer et comparer les résultats,
nous avons opté pour une approche territoriale. La province
a ainsi été divisée en deux groupes de régions : les régions
acadiennes (RANB) et les régions anglophones (RNB) - voir
tableau ci-dessous.

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La situation démo-linguistique
Sur le plan démographique, nous avons assisté au cours des
trente dernières années à une augmentation du poids démographique
des RANB à l'échelle provinciale et à une diminution à l'échelle
nationale. Le premier phénomène s'explique surtout par le
dynamisme de la grande région de Moncton et le second, par
le bilan migratoire. Les RANB regroupent 91 p. 100 des francophones
du Nouveau-Brunswick. De plus, les francophones y sont majoritaires
à 71 p. 100. C'est dans le Sud-Est que la majorité francophone
est la plus faible, soit 56 p. 100. Alors que le taux d'assimilation
des francophones du Nouveau-Brunswick avait diminué de 1971
à 1986, il a augmenté de 1986 à 1991 pour se situer à 6,8p.
100. Dans les RANB, ce taux varie beaucoup d'une région à
l'autre. En 1991, il est de 1,2 p. 100 au Nord-Ouest, de 2,1
p. 100 au Nord-Est et de 6,9 p. 100 au Sud-est. Cette situation
pose un défi particulier aux Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick.
La région la plus dynamique sur le plan démographique est
aussi celle où le taux d'assimilation est le plus fort. (suite - Les Acadiens et l'administration publique provinciale)
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