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L'avenir politique et économique de l'Acadie du Nouveau-Brunswick
(suite)


Les Acadiens et l'administration publique provinciale
Depuis le début des années 1960, le nombre d'employés dans l'ensemble de l'administration publique du Nouveau-Brunswick a considérablement crû, passant de 8707 à 40 239 fonctionnaires. L'utilisation des données publiées dans les profils linguistiques à compter de 1978 nous permet de démontrer que la représentation des francophones à l'intérieur de la fonction publique provinciale, tant au niveau de la capitale que de l'ensemble de la province, a connu une croissance. Au niveau provincial, la représentation des francophones est passée de 27,4 p. 100 en 1978 à 33,3 p. 100 en 1990. La régionalisation des services est sans doute l'élément responsable de cette hausse de la représentation francophone. Para contre, au niveau de la capitale provinciale, la représentation francophone est passée de 10,7 p. 100 à 20,9p. 100 pour la même période. Dans le secteur de l'éducation, les francophones occupent 47,2 p. 100 des postes. La mise en place de la dualité linguistique en 1974 au sein de ce ministère est responsable de ce phénomène. Suite à une comparaison des dépenses par étudiant entre le ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick et de celui de la Nouvelle-Écosse, nous en sommes venus à la conclusion que la dualité au ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick pouvait représenter un coût supplémentaire maximal correspondant à 2,0 p. 100 du budget de ce ministère. Par contre, n'oublions pas les effets positifs de cette dualité au niveau du rattrapage chez les francophones.

Fait intéressant à noter, tant au niveau provincial que dans la capitale, il existe un déséquilibre dans la représentation des francophones au niveau de la "haute direction". En effet en 1990, les francophones occupaient seulement 25 p. 100 des postes de "haute direction" dans la capitale et 25,5 p. 100 à l'échelle provinciale.

Élections provinciales
L'analyse du comportement électoral dans les RANB, pour la période de 1935 à 1970, nous a permis de constater une assez grande stabilité du vote en faveur du Parti libéral (PL). Nonobstant l'élection de 1944, les seules élections où le PL n'a pas obtenu près de 60 p. 100 des voix sont celle de 1952 et 1956. _ cette dernière élection, l'écart entre le PL et le Parti progressiste conservateur (PPC) n'était plus que de 1,4p. 100, ce qui n'est pas sans présenter un certain lien avec la venue d'un francophone comme chef du PL en 1958. Pour ce qui est de la période suivante, 1974 à 1991, la propension dans les RANB à voter davantage pour le PL demeure.

Toutefois, notre analyse des déplacements nets des appuis entre le PL, le PPC et la combinaison des suffrages exprimés en faveur des candidats des tiers partis, nous démontre que le PPC a bénéficié d'un déplacement net des voix dans les RANB aux élections de 1974 et 1982. Bien que ces deux déplacements des appuis en faveur du PPC ne soient pas d'un ampleur considérable : 3 p. 100 en 1974 et de 2,7 p. 100 en 1982, il est intéressant de remarquer que ces déplacements coïncident avec l'adoption de politiques à caractère ethnique par le gouvernement, soit la dualité administrative au sein du ministère de l'Éducation et la Loi sur les langues officielles. De plus, il est généralement accepté que ces politiques ont été formulées pour répondre aux revendications des groupes ou mouvements de pression acadiens.

Les grandes tendances socio-économiques
Les Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick ont réalisé un rattrapage important aux niveaux du revenu (l'indice de revenu total per capita par rapport à la moyenne nationale est passé de 61,2 p. 100 en 1961 à 74,6 p. 100 en 1991) et de la scolarisation en comparaison avec les régions anglophones de la province et le Canada. Des écarts importants persistent toujours. Dans le cas de la scolarisation, on observe un retard important du côté de la formation post-secondaire. En 1991, 41,2 p. 100 des habitants des RANB ont fréquenté des établissements d'enseignement post- secondaire, contre 49 p. 100 dans les RNB et 51,6 p 100 au Canada. L'augmentation du chômage structurel représente l'autre problème majeur de RANB. Ces deux phénomènes laissent entrevoir une déficience de la capacité d'adaptation de l'économie des RANB. C'est d'ailleurs ce qui nous permet de vérifier une étude détaillée de l'évolution de la structure industrielle de ces régions et du niveau de technicité de la production manufacturière. Une étude des variables conjoncturelles influençant la croissance économique dans les RANB nous a permis de monter que le bilan budgétaire fédéral au Nouveau-Brunswick jouait un rôle significatif dans ces régions. Les restrictions budgétaires qui s'annoncent nous laissent entrevoir certaines difficultés. Importante note positive au tableau, l'attitude des Acadiens et Acadiennes face au monde des affaires change cependant. On observe, par exemple, une augmentation du nombre d'entreprises manufacturière créées dans les RANB.


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