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Diagnostic sur la vitalité de la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick

Rogrigue Landry



L'établissement d'un diagnostic sur la vitalité de la communauté francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick présente un défi de taille étant donné la complexité du phénomène à étudier et les disparités régionales dans la vitalité des communautés. Le simple fait d'utiliser le terme « diagnostic » suppose que nous pouvons faire une certaine prévision par rapport au phénomène de la vitalité de la communauté acadienne ou, du moins, formuler certaines hypothèses concernant la santé de la langue française et de la culture acadienne. Pour faire cette prévision ou ces hypothèses, il est nécessaire de pouvoir déterminer des facteurs associés à la vitalité d'une communauté ethnolinguistique et d'avoir des indices de cette vitalité. Les théories et les recherches issues de la sociologie du langage, de la sociolinguistique et de divers champs des sciences sociales telles que la psychologie, l'éducation et l'anthropologie n'aboutissent pas à une science exacte de la langue et de la culture. En revanche, de nombreuses recherches constatent des convergences qui nous permettent d'émettre des hypothèses plausibles par rapport à la survie d'une langue et d'une culture en milieu minoritaire.

Mon bref exposé ne me permettra pas d'examiner longuement ni les bases conceptuelles sur lesquelles se fondent nos hypothèses ni les recherches consultées qui illustrent les grandes lignes de notre diagnostic. Mon analyse s'inspire d'une recherche effectuée récemment avec mon collègue Réal Allard auprès d'un échantillon d'environ 1 000 adultes francophones du Nouveau-Brunswick. Je présenterai rapidement le cadre conceptuel de cette étude, puis j'esquisserai un profil du vécu sociolangagier des francophones du Nouveau-Brunswick. Afin de compléter ce portrait de la situation du français dans la province, j'utiliserai un certain nombre de données empiriques recueillies dans d'autres recherches menées au Nouveau-Brunswick ou sur cette province, notamment un sondage d'Alcide Godin et Aldéo Renaud (1994) sur les attitudes et les habitudes linguistiques des élèves de 11e et 12e année dans 11 des 21 écoles secondaires françaises du Nouveau-Brunswick. À certains moments, des données de recensements canadiens portant sur la situation démolinguistique du Nouveau-Brunswick seront également présentées pour illustrer les tendances observées.(suite - Vitalité ethnolinguistique)


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