Secrétariat du renouvellement de la politique
sociale (suite)
3. Revendications traditionnelles de la SAANB
Plan linguistique
30. La lutte en vue d'assurer la survivance de la langue française
est de tous les instants. La diminution des critères linguistiques
chez les membres de la G.R.C. et dont on a pris connaissance
récemment, témoigne du manque de sérieux du gouvernement fédéral
dans le dossier de la promotion et la protection de la langue
minoritaire au pays. Les demandes répétées en vue d'obtenir
des services en français dans les hôpitaux de Campbellton
et de Miramichi demeurent sans réponse, témoignent du manque
dengagement de la part du gouvernement du Nouveau-Brunswick.
31. Le transfert des employés du fédéral au provincial ne
garantit en rien le maintien de l'obligation d'assurer des
services bilingues. Lexemple des employés du ministère
du Développement des ressources humaines Canada, qui sont
devenus des employés provinciaux, confirme une fois de plus
le désengagement du gouvernement pour le respect de la langue
de travail de ses fonctionnaires .
32. Au niveau du secteur social, la communauté acadienne réclame
la dualité au sein du ministère de la Santé et des Services
communautaires (4). Nous sommes particulièrement sensibles
au sort réservé aux citoyens qui vivent dans des régions à
forte concentration anglophone.
Sécurité financière des femmes
33. La SAANB a toujours été une ardente défenseure des femmes
dans la société. La communauté acadienne favorise d'ailleurs
pour les femmes l'accès à la formation, au travail et à une
rémunération juste et équitable et réclame léquité salariale
à tous les niveaux de la vie professionnelle. (4)
34. De plus,. nous favorisons l'accès des femmes aux postes
de direction et aux emplois non traditionnels et nous reconnaissons
la valeur économique du travail au foyer. (4)
35. Les femmes sont malheureusement celles qui écopent le
plus quand l'État adopte des politiques visant à soutenir
le revenu familial, car les hommes sont habituellement désignés
comme les chefs de l'unité familiale et ce sont eux à qui
l'aide financière est versée.
36. Pour corriger cette situation, nous recommandons que le
gouvernement mette fin à l'asservissement que subissent les
femmes et qu'il reconnaisse et protège l'autonomie financière
de chacun des partenaires qui vit en situation de couple.
(8)
Développement régional
37. La SAANB suit de près les changements d'ordre politique
ou économique qui affectent les régions francophones de la
province.
38. Le gouvernement a le pouvoir de diriger et de contrôler
par la voie de mesures législatives, ainsi que le devoir de
répartir les ressources en vue de protéger les régions les
plus faibles. Il a un rôle stabilisateur. Il doit assurer
l'équilibre entre les régions selon les ressources dont elles
disposent, entre les communautés rurales et urbaines et entre
celles où le taux de croissance est plus fort et celles où
il est plus faible pour s'assurer que la qualité de vie est
à peu près équivalente dans toutes les régions de la province.
39. Les coupures à l'assurance-chômage et le gel des allocations
de l'aide au revenu, par exemple, ont réduit denviron
35 millions $ par année la contribution gouvernementale à
la population du nord-est, ce qui est énorme pour une population
de 90 000 habitants.
40. Nous recommandons au gouvernement provincial d'adopter
des mesures permettant d'abord d'élever le niveau socio-économique
des régions défavorisées pour qu'elles rattrapent la moyenne
provinciale, puis ensuite de préserver dans chaque région
le patrimoine physique et culturel de la région de façon à
favoriser le sentiment d'identité locale et régionale.
Développement des régions rurales
41. L'un des dossiers de la SAANB pour l'année 1999-2000 consiste
justement à exhorter le gouvernement provincial à élaborer
une politique de développement des régions rurales acadiennes.
42. La réalité du monde rural est différente de celle en milieu
urbain. Les services doivent être ajustés aux besoins particuliers
des communautés et des régions en tenant compte des réalités
sur le plan socio-économique, culturel et géographique.
Les services doivent aussi être dispensés le plus près possible
de la résidence du citoyen.
43. Les professionnels ne sont pas bien préparés à intervenir
en milieu rural. Ils doivent faire des efforts pour s'adapter
à la culture des petites communautés. Ils doivent apprendre
à travailler avec des ressources limitées et être disponibles
pendant de longues heures. Il faut plus de généralistes que
de spécialistes, qui sont capables de se débrouiller avec
tous les problèmes. Et puis, les professionnels en milieu
rural n'ont pas toujours le bénéfice d'avoir des collègues
à leurs côtés.
44. Nous croyons que le gouvernement doit reconnaître les
éléments propres au milieu rural. La géographie de la communauté,
les conditions climatiques, la densité de la population sont
des facteurs importants. Les services ne peuvent être planifiés
uniquement à partir du nombre de personnes, car la population
est parsemée sur un grand territoire. Allouer le même montant
par personne, en ville comme en campagne, est égal, mais pas
équitable parce que cela ne tient pas compte de facteurs tels
que l'absence de moyens de transport en commun et les longues
distances que doivent parcourir les gens pour obtenir des
services. Les petites communautés ne demeurent pas au point
fixe; elles évoluent comme les villes, mais à leur façon et
à leur rythme.
45. Les gens qui habitent les petites communautés ont le sentiment
que leur village est leur communauté de vie. Ils appellent
leur communauté «chez nous» et ils établissent des liens personnels
forts et durables avec leurs proches. Les petites communautés
ont des attitudes et des pratiques sociales bien à elles.
Elles sont souvent exemplaires par leur sens du partage et
de la compassion. Les gens qui habitent les milieux ruraux
et qui partagent la culture francophone ont un mode de vie
différent de celui des sociétés anglo-saxonnes.
46. Parmi les problèmes auxquels font face les régions rurales
sont ceux du transport et de l'exode. Il y a lieu de développer
une stratégie pour contrer le problème de l'exode dans les
communautés francophones du Nord de la province. La vision
d'une province comportant sept centres de croissance est néfaste
pour les petites communautés qui tentent de survivre et de
conserver leur patrimoine communautaire.
47. Nous recommandons d'accentuer l'aide aux petites communautés
rurales, de façon à freiner l'exode de leur population vers
l'extérieur. Lexode des jeunes est particulièrement
inquiétant. Nous recommandons aussi que la Péninsule acadienne
soit traitée au même titre que les autres régions administratives
de la province.
48 . Afin de donner chance aux régions les plus éloignées
de la capitale, nous recommandons, lorsque des services publics
quelconques sont requis dans une région, que les contrats
pour l'achat de services soient attribués au sein de la région
concernée, plutôt qu'à des grandes firmes provinciales ou
des entreprises de l'extérieur.
Développement communautaire
49. Le développement communautaire est également un pilier
du plan de développement de la communauté acadienne qui préconise
la mise sur pied de conseils régionaux de développement. (4)
50. Dans un petit village, l'école est au cur de la
communauté et fait partie de son patrimoine. Nous croyons
que le gouvernement devrait investir dans les petites communautés
et mettre à leur disposition des équipes techniques pour les
aider à faire face à leurs problèmes.
51. Nous avons vu comment bien des communautés menacées dextinction
ont lutté au cours des dernières décennies pour survivre.
Les petites communautés utilisent les moyens qu'elles ont
pour faire valoir leur point de vue et lutter pour leur survie.
Si le gouvernement investissait autant dans les petites communautés
qu'il le fait dans les grosses, les petits villages pourraient
se développer.
52. Les communautés ont besoin d'aide professionnelle pour
s'organiser. Avec le développement communautaire, elles peuvent
définir les problèmes locaux et travailler en vue de les résoudre.
Nous croyons que le gouvernement doit favoriser l'éclosion
de nouveaux groupes communautaires et leur fournir de l'aide
leur montrant comment travailler ensemble à résoudre des problèmes
communs.
Emploi et entrepreneuriat acadien
53. Nous constatons que les emplois qui ont été créés au cours
des dernières années ont été surtout des emplois précaires.
Des emplois dans l'enseignement, la santé mentale et les services
sociaux jadis assez bien rémunérés sont maintenant payés à
10$ l'heure. Les auxiliaires familiales rémunérées à 7 $ l'heure,
travaillent parfois sept jours par semaine et doivent fournir
leurs uniformes et payer leurs frais de transport. De plus,
elles perdent des heures de travail quand elles sont empêchées
d'entrer au travail.
54. Par ailleurs, la SAANB a toujours encouragé l'entrepreneuriat
acadien, qu'il préfère aux investisseurs étrangers qui n'ont
pas d'intérêt à rester dans la région. Selon nous, toute réforme
des programmes sociaux doit être accompagnée de mesures de
soutien à l'entrepreneuriat acadien. (8)
55. Nous recommandons également une hausse du salaire minimum,
un sujet qui figure parmi nos dossiers actuels.
Pouvoir décisionnel décentralisé
56. La communauté acadienne a toujours réclamé que le pouvoir
décisionnel soit décentralisé au plus bas échelon possible
pour garantir un meilleur accès aux services publics et surtout,
pour assurer que l'appareil public soit en harmonie avec les
besoins des régions. (4)
57. Nous recommandons que les directeurs régionaux aient un
certain pouvoir discrétionnaire, surtout dans les cas où les
circonstances justifieraient un traitement particulier pour
faire justice à la situation.
(suite - 4. Autres mesures recommandées)
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