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Audience du Comité d’étude de la structure de gouverne parentale en éducation (suite)


Les Comités de parents et la communauté acadienne
La SAANB reconnaît les Comités de parents du Nouveau-Brunswick (CPNB) comme les représentants exclusifs des parents acadiens et ce statut devrait être confirmé dans la Loi. Tous les parents devraient de facto être membres des CPNB et tous les Comités de parents de la province devraient être affiliés aux CPNB, lesquels doivent disposer des moyens financiers nécessaires pour mettre en oeuvre leur mission. Il s’agit pour les CPNB d’offrir aux parents gestionnaires une formation adéquate et favoriser leur participation.

Comme membres privilégiés de la communauté à qui revient la gestion de l’éducation, les parents ont tout avantage à chercher l’établissement d’un mode de gestion scolaire qui allie parents et communauté. La communauté a beaucoup à offrir et il est dans l’intérêt supérieur de tous qu’un partenariat solide se poursuive. Les Comités de parents du Nouveau-Brunswick étant un organisme inclusif, ils sont ouverts à l’adhésion de toute personne de la communauté qui adhère à leur mission et à leurs objectifs. L’organisme est ainsi en droit d’être enfin reconnu comme représentant exclusif de la communauté et des parents en matière de gestion scolaire.

Pour qu’une structure fonctionne efficacement, chacun des partenaires doit certes se sentir partie prenante aux décisions. Mais il est aussi nécessaire que les champs de compétences de chacun soient déterminés. À ce chapitre, les professionnels de l’éducation doivent être rassurés quant à leurs responsabilités en matière de direction et d’éducation dans les écoles, plus schématiquement, dans la salle de classe. Les CPNB ont d’ailleurs profité de leur mémoire pour lever tout doute qui pourrait subsister à ce sujet. De même, la structure que nous proposons reconnaît cet état de fait. Au niveau de l’école, elle place les parents et la communauté comme partenaires de gestion de type consultatif. C’est aux échelons supérieurs de la structure que s’exerce la gestion réelle de la communauté.


Autogestion et cogestion
La structure que nous proposons tient compte de deux types de gestion, à savoir l’autogestion par la communauté et la cogestion avec le Ministre. En clair, le ministre de l’Éducation exercerait une cogestion en ce qui a trait aux biens scolaires et à l’établissement et au regroupement des écoles. Il verrait à l’établissement des budgets et servirait de lien avec le Cabinet. Voilà pour la cogestion.

Car il faut bien comprendre qu’au départ, notre préoccupation première porte sur la reconnaissance de notre droit exclusif à gérer l’éducation, c’est-à-dire depuis l’élaboration des programmes jusqu’à la nomination du personnel et l’affectation des budgets. À l’instar des Comités de parents du N.-B., nous aurions pu titrer notre mémoire «Érigeons d’abord une bonne fondation».

La SAANB réitère que l’objectif premier de la communauté acadienne est de passer du stade consultatif que lui confère la loi actuelle à celui de gestionnaires en bonne et due forme, tel que le prescrit la Constitution canadienne pour les communautés linguistiques minoritaires. Après, seulement, il sera possible d’ériger une structure. Or, nous désirons néanmoins proposer un modèle de gestion afin que les membres du Comité aient la possibilité d’apprécier la faisabilité d’une gestion par la communauté.

On aurait tort de nier la capacité des Acadiens et Acadiennes à gérer eux-mêmes l’éducation de leurs enfants en favorisant le maintien d’une main-mise ministérielle, toute subtile puisse-t-elle être. Les Acadiens sont en mesure de prendre en main la gouverne de leur éducation, tout comme ils sont en mesure de faire élire un Premier ministre. On s’intéresse à l’éducation parce que c’est un droit acquis. Le rôle du ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick doit consister à établir un lien entre la communauté acadienne et le Cabinet. C’est à la communauté que revient de droit la gestion de l’éducation, et ce, tant au local, au régional, qu’au provincial.


La structure acadienne de gouverne
Les principes qui guident notre projet de gouverne répondent au besoin de décentraliser davantage les pouvoirs de gestion sans toutefois perdre de vue le souci de cohésion, d’homogénéité et de vision globale. «Vision globale, action locale», pourrait-on dire.

Fidèle à sa démarche de concertation auprès des membres du mouvement associatif acadien, la SAANB s’est attachée à l’élaboration d’une structure de gestion qui allierait la récupération de la gestion scolaire et la réunion des intervenants autour d’un même projet de gestion scolaire. Nos consultations ont été enrichissantes et nous ont permis de dégager le modèle de gestion que voici. Nous savons néanmoins que plusieurs détails demandent à être précisés, exercice qui va au-delà de notre démarche et qui demanderait, du reste, des ressources auxquelles nous n’avons pas accès au moment de rédiger ce mémoire.

Le concept de la gestion que nous proposons reprend la structure en cours sur la base de l’autogestion par la communauté et de la cogestion avec le Ministre. Le modèle propose une redistribution des pouvoirs sur trois niveaux, à savoir le local, le régional et le provincial, chacun comportant des degrés divers de participation :

  1. la Commission acadienne provinciale d’éducation
  2. les Conseils acadiens de district scolaire
  3. les Comités de parents d’école
(suite - Province)


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