Audience du Comité d’étude de la structure
de gouverne parentale en éducation
présenté par la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick
à l’audience du Comité d’étude de la structure de gouverne
parentale en éducation
St-Louis-de-Kent
9 juin 1998
Mesdames, messieurs,
Permettez-moi tout dabord de remercier les membres du
Comité détude de la structure de gouverne parentale
en éducation pour loccasion qui nous est faite de présenter
le point de vue de la Société des Acadiens et Acadiennes du
Nouveau-Brunswick (SAANB).
La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick
célèbre cette année son vingt-cinquième anniversaire de fondation.
Au service de tous les Acadiens et Acadiennes de la province,
elle agit aussi comme porte-parole de lensemble du mouvement
associatif acadien. Cest donc une vision globale que
la SAANB pose sur lensemble de la société.
La SAANB conçoit quune société se construit dans les
communautés, souvent autour de lécole de quartier ou
du village. La SAANB a donc de tout temps été activement impliquée
dans la définition de la gestion de léducation en Acadie.
La dualité à léducation, laccessibilité des Acadiens
à lenseignement postsecondaire, loffre équitable
de programme détudes en français, etc., font partie
des dossiers quelle a menés ou continue de faire.
La SAANB a conscience que la question de la gestion touche
au premier plan les parents acadiens et les professionnels
de léducation. Or, devant limpasse qui sévit depuis
ladoption de la nouvelle loi scolaire, lobjectif
que nous poursuivons est de dégager une solution permettant
à la fois de réunir les intervenants et doffrir au gouvernement
loccasion de se conformer à ses obligations constitutionnelles.
Deux principes fondamentaux nous guident dans la réflexion
que nous vous proposons sur la gestion scolaire en Acadie
du Nouveau-Brunswick. Dabord, les Acadiens sont attachés
au contrôle de léducation, car il sagit dune
première étape dans la socialisation de lenfant. Limpact
de léducation sur la formation identitaire de lenfant
nest plus à démontrer et chacun sait quil sagit
dun enjeu de taille pour le peuple acadien. Cela explique
notre attachement indéfectible à la dualité, que la SAANB
défend depuis vingt-cinq ans. Ensuite, nous tenons aux dispositions
constitutionnelles propres aux droits particuliers de la minorité
linguistique en matière de gestion scolaire, telles que définies
dans la Constitution canadienne et interprétées par la Cour
suprême du Canada.
Le travail de votre comité trouve toute son importance dans
le respect par le gouvernement provincial de ses obligations
constitutionnelles, puisque la structure de gouverne que la
province tente didentifier doit, en tout premier lieu,
tenir compte du droit unique de la communauté acadienne à
gérer son système éducatif. Il ne sagit pas, ici, de
trouver un cataplasme qui ferait à tout prix laffaire
de lensemble de la province. Les dispositions dans la
Constitution sadressent aux Acadiens et visent à répondre
à leurs besoins particuliers comme groupe de langue officielle
minoritaire.
Nous espérons cependant que la communauté anglophone du Nouveau-Brunswick
pourra trouver son compte dans la structure de gouverne que
nous présentons dans ce mémoire.
Les cinq pouvoirs exclusifs
Dans son arrêt Mahé, la Cour suprême du Canada écrit que «les
représentants de la minorité linguistique devraient avoir
le pouvoir exclusif de prendre des décisions concernant linstruction
dans sa langue et les établissements où elle est dispensée,
notamment :
- les dépenses de fonds prévus pour cette instruction et
ces établissements;
- la nomination et la direction des personnes chargées de
ladministration de cette instruction et de ces
établissements;
- létablissement de programmes scolaires;
- le recrutement et laffectation du personnel,
notamment des professeurs; et
- la conclusion daccords pour lenseignement et
les services dispensés.
Au terme de larticle 23 de la Charte canadienne, ces représentants sont
les parents ou leurs représentants. (suite
- Les Comités de parents et la communauté acadienne)
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