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MÉMOIRES


Mémoire de la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick présenté à la Comission provinciale de délimitation des circonscriptions électorales pour la province du Nouveau-Brunswick (Nord-Ouest)

(Suite)

Le principe d’une démocratie effective a donc été écarté au profit d’une application, le répèterons-nous assez souvent, stricte et rigide du quotient électoral de plus ou moins 10%. Les recommandations de l’Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick (AFMNB) et de la SAANB ont été écartées du revers de votre légale et commissionnaire main pour satisfaire les ambitions d’une loi qui pourrait indubitablement être contestée juridiquement.

Les quatre circonscriptions du Nord-Ouest proposées par votre rapport préliminaire gagneraient à être examinées plus minutieusement par un expert en géographie électorale, plus particulièrement en ce qui concerne les éléments justifiant une telle décision mais nous nous contenterons d’apporter quelques réflexions qui, sans vouloir tout expliquer ou apporter des solutions toutes faites, pourront guider la présente commission dans ses réflexions advenant qu’une remise en question du travail déjà accompli soit nécessaire.

Commençons par « Madawaska-les-Lacs ». Cette circonscription existe depuis 1973-74 et comporte les municipalités et DSL de Saint-François à Saint-Joseph incluant Saint-Jacques. L’aberration que nous pouvons relever ici concerne l’inclusion, dans une circonscription somme toute assez rurale, de Saint-Jacques et Verret qui ont été amalgamés dans la Ville d’Edmundston tout récemment et que l’on pourrait qualifier de milieu urbain à l’échelle du Nouveau-Brunswick. Le processus de fusion ayant été vertement critiqué à Saint-Jacques à l’époque, voilà que vous tournez le couteau dans la plaie en n’intégrant pas Saint-Jacques dans l’entité politique d’Edmundston. Il est difficile alors de croire que vous ayez voulu respecter les communautés d’intérêts en faisant du grand Edmundston une seule circonscription, lui accordant un statut d’exception. Pourtant, l’AFMNB vous avait bel et bien demandé d’accorder un statut spécial au Nord. Voici donc un exemple probant d’un endroit où ce statut aurait pu s’appliquer.

Pour sa part, « Edmundston-Saint-Basile » semble n’exister que par la volonté de respecter le quotient électoral. Pourquoi Saint-Basile et pas Saint-Jacques? Pourquoi avoir séparé le DSL de Saint-Basile et l’avoir inclus dans Madawaska-les-Lacs? Autant de questions qui pourraient être réglées en respectant la demande de l’AFMNB comme celle de la SAANB, cette dernière s’attardant sur le principe de démocratie effective et critiquant par le fait même votre décision d’appliquer à tout prix le quotient électoral édicté par la loi du 30 juin 2005, sans faire appel à des mesures d’exception. Cette lubie d’obéir à tout prix à ce quotient électoral tout en refusant d’accorder de statut spécial à une région entraîne, à notre avis, un changement fondamental pour la démocratie néo-brunswickoise. Nous y reviendrons plus tard. Continuons, si vous le voulez bien, l’examen de votre proposition.

La circonscription de « Madawaska-Restigouche » est, pour sa part, mal définie et suit le mouvement précédemment inscrit au pendule mathématiquement bien réglé de la commission.   En effet, pourquoi inclure Saint-Léonard à cette nouvelle circonscription mais en exclure Saint-Léonard-Parent? Diviser de petites communautés comme celles-là est un exercice qui paraît bien sur le papier d’une carte, mais qui peut difficilement s’expliquer dans les faits. De plus, la grandeur du territoire à couvrir par ce / cette député (e) sera énorme, la ligne créée par les deux « portages », au nord de Menneval et au sud de Saint-Quentin, devrait former les limites de représentativité de cette communauté. À ce moment, ne pourrait-on pas demander, d’une part, une exception à la règle et former une circonscription simplement avec les communautés francophones du Restigouche-Ouest? La province du Nouveau-Brunswick lui ayant déjà accordé un statut spécial dans sa refonte des services de santé, nous croyons que l’avenue pourrait être explorée en conséquence. D’autre part, outre la loi du 30 juin, qu’est-ce qui empêcherait la Commission de créer un nouveau siège de député? Est-ce que le nombre de siège à l’Assemblée législative est immuablement fixé à « 55 » et ce pour les siècles à venir?

(Suite)

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