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Pour l'avenir de la culture en Acadie
et au Nouveau-Brunswick

La SAANB et le document de travail sur la politique
culturelle du Nouveau-Brunswick


le 13 mars 1997



Introduction
La culture est l’une des principales richesses de l’Acadie. Elle profite aux Acadiens et Acadiennes, mais également à l’ensemble de la province. Sans la culture acadienne, il est impossible de parler de réels vitalité, progrès et de modernité pour cette province. C’est pourquoi nous voulons, dans un premier temps, parler de l’importance de reconnaître la particularité de la culture acadienne et, dans un deuxième temps, parler de la dimension économique de cette culture, notamment dans le domaine du tourisme.

Le document de réflexion
Le document de réflexion «Pour l’avenir de la culture au Nouveau-Brunswick» est avant tout un avant projet. Il a pour but d’établir une approche générale que la province devrait suivre quant aux questions touchant les arts et la culture. Une politique culturelle devrait théoriquement s’en suivre et s’inspirer des recommandations qu’il comprend, bonifiées par les audiences publiques.

La dimension acadienne
Le document paraît très timide, très général. Il est pratiquement «aculturel» pour ce qui est de la dimension acadienne. Peu compromettant, il donne toute la latitude au gouvernement provincial, s’il advient qu’il se décide un jour d’élaborer une véritable politique culturelle. Ce document est également peu convaincant sur les intentions réelles du gouvernement : compte-t-il s’engager fermement dans un processus de mise en place d’une politique culturelle cohésive et structurée ?

En avant-propos du document, on souligne que la culture «est porteuse d’un riche patrimoine en provenance des diverses origines ethniques, des deux communautés linguistiques et d’un passé riche et complexe comprenant une importante histoire des peuples autochtones». Par la suite, lorsque l’on effectue la recherche d’une définition de la «culture néo-brunswikoise», il n’est plus fait aucune référence à cette prémisse.

Le document ne tient plus compte de l’importance des aspects identitaires particuliers qui sont propres au peuple Acadien en matière de culture et des arts. Bien que le document fasse référence à une définition englobante de la culture proposée par l’Unesco, il y est choisie une définition plus restreinte, voire limitative.

Le document ne se préoccupe pas, enfin, de la dualité linguistique dans les réflexions, constats et recommandations qu’il propose pour la mise en place d’une politique culturelle.

La responsabilité
Le document «Pour l’avenir de la culture au Nouveau-Brunswick» mentionne que «la responsabilité du secteur culturel est attribuée à l’ensemble du gouvernement de la province». Toutefois, c’est le ministère des Municipalités, de la culture et de l’Habitation qui détient la plus grande part du mandat culturel, notamment «la sauvegarde du patrimoine ainsi que la promotion et le développement des diverses disciplines artistiques». Aussi indique-t-on que ce ministère est prêt à «entreprendre avec d’autres ministères responsables des discussions ayant trait notamment au tourisme culturel et à la présence des arts en milieu scolaire».

Sans apporter plus de précision, le document propose de faire passer le Conseil des arts de son statut d’organisme consultatif à celui d’un organisme «indépendant». Mais on n’élabore pas sur son mandat, ses responsabilités, sa composition, la représentativité des deux communautés linguistiques, etc.

Au chapitre de l’imputabilité du gouvernement en matière des arts et de la culturel, le document ne propose pas davantage de solution qui soit de nature structurelle ou organisationnelle. Pas plus, d’ailleurs, qu’on ne propose de solution permettant d’assurer la coordination des interventions et des responsabilités au sein de l’appareil gouvernemental.

Recommandations
La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick a étudié le document de réflexion et formule les recommandations suivantes .

La politique culturelle :
  • il est essentiel, voire incontournable, que le gouvernement élabore et mette en place dans les plus brefs délais une politique culturelle cohésive et structurée
  • la politique culturelle doit être définie et conçue à partir des paramètres identitaires spécifiques aux deux communautés culturelles (Acadienne et Anglophone) ; cette conception/définition doit respecter le cadre législatif qui assure l’égalité des deux communautés linguistiques
  • la politique doit comprendre la notion de dualité linguistique homogène sur les plans organisationnel, décisionnel et dans les modalités de mise en œuvre
La structure organisationnelle :
  • que soit désigné un ministère responsable de la gestion et de la mise en œuvre de la politique culturelle par le biais d’un Conseil des arts fonctionnant sur la base de la dualité homogène et ayant un pouvoir décisionnel. Ce Conseil des arts dualiste doit assurer la coordination interministérielle des Arts et de la Culture.

Économie
Au chapitre économique, la SAANB endosse les recommandations comprises dans les rubriques Tourisme culturel, Industries culturelles, ainsi que Municipalités et développement culturel communautaire. La SAANB estime en effet essentiel que le gouvernement accorde à la culture toute l’importance qu’elle mérite, car en plus de son important impact économique, elle est également le reflet de nos passions, de nos forces et de notre potentiel d’avenir.

À la lumière de ces constatations, attendu l’importance et la particularité de la culture acadienne au Nouveau-Brunswick, il est recommandé :
  • que le gouvernement fasse la promotion de la particularité acadienne dans tous ses programmes et dans toutes ses communications, sur la scène provinciale, nationale et internationale

Fait à Petit-Rocher, le jeudi 13 mars 1997

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