Plan du site Recherche Accueil SAANB

Quoi de neuf?
À propos de la SAANB
Références  
 >Allocutions, mémoires et
  études

 >Données démographiques
 >Lois
 >Réalisations de la SAANB
 >Réalités historiques
  acadiennes

 >Rapport annuel
Parfum de francophonie
Fonds de l'Avenir
Pour nous joindre
Forum de concertation
Campagne de recrutement
Les régions
MÉMOIRES


 
Pour atteindre l'autosuffisance en 2026, la SAANB choisit le développement durable de nos régions

présenté par la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick au Groupe de travail sur l'autosuffisance

le 21 février 2007

Mise en contexte
Par la présentation de ce court mémoire, la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick tient à partager avec le Groupe de travail sur l’autosuffisance, mis en place par le gouvernement Graham, quelques réflexions recueillies lors de la tenue de son assemblée générale provinciale de 2006.


État de la situation
Le Nouveau-Brunswick, petite province rurale, est une courtepointe qui se révèle être autant de solitudes. L’histoire a fait en sorte que les régions acadiennes du Nouveau-Brunswick, enclaves majoritairement francophones, se sont développées au fil des siècles sans que nous ayons vraiment à nous connaître, sans que nous soyons conscients de nos affinités avec nos voisins. 

L’image suggérée par la courtepointe se concrétise lorsque nous comparons les différences économiques entre le Nord (Restigouche et Chaleur) où l’exploitation des ressources naturelles telles la forêt ou les mines prend le pas sur celle de la pêche, le Nord-Est (Péninsule acadienne) avec son économie centrée essentiellement sur la pêche et la tourbe, le Nord-Ouest avec ses exploitations agricoles et forestières et le Sud-Est dont l’économie repose sur les pêches et les services.

Du point de vue économique, l’Acadie du Nouveau-Brunswick a mis 100 ans pour se bâtir une économie régionale. Tendance à la mondialisation et au conglomérat oblige, la majorité de nos industries retourne entre des mains étrangères (exemple des scieries de Baker Brook et de Clair rachetées par Irving). L’urbanisation ou le déplacement des populations des régions vers les centres urbains est une réalité avec laquelle on doit composer. Cependant, il serait utopique d’imaginer que la province pourrait devenir autosuffisante en ne tablant que sur le développement économique des trois régions urbaines, Fredericton, Moncton et St-Jean, qui ne constituent que  40 % de la population provinciale. Comment pourrait-on renverser la vapeur et redonner à l’Acadie ses moteurs économiques?

Vers un changement des mentalités

Pour l’instant, il n’existe pas d’approche globale et concertée pour le développement régional durable au Nouveau-Brunswick : il serait grand temps de l’imaginer.
Pour y parvenir, nous devons d’abord réaliser que le capital humain est la première des ressources dont nous disposons. Nous devons nous doter d’une vision à long terme visant la pérennité de toutes les régions qui forment notre province. Pour le gouvernement, cela signifie : développer le potentiel économique de toutes nos régions (création d’emplois, meilleure gestion de nos ressources naturelles), repenser nos politiques de soutien à la famille pour contrer la dénatalité et bien planifier l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants. Le gouvernement doit également comprendre que l’autosuffisance ne passe pas uniquement par le développement économique. Il est essentiel de tenir compte de l’impact des décisions économiques sur la culture et l’environnement. Créer des emplois, oui, mais en favorisant les entreprises d’économie sociale, par la mise en place de fonds de soutien et de capital à risque.

Le capital humain est au centre du développement régional. Il importe donc de faire l’inventaire des compétences, du savoir, des intérêts, des talents, du potentiel, de la disponibilité de notre population et de la valoriser. Avoir des fonds, certes, mais également avec une banque de ressources humaines.

Mais la population a également besoin de locaux, d’espace, d’endroit pour visualiser et créer l’avenir qu’elle désire. Un pas dans cette direction, c’est de pouvoir utiliser les écoles existantes et de les transformer en centre de vie communautaire. Se servir des écoles désaffectées, des églises, des presbytères et de tout autre édifice inoccupés pour qu’ils deviennent des bâtiments multifonctionnels au service de la population et du développement régional durable de leur milieu.

Pour imaginer autrement le monde, il faut croire qu’il se trouve en soi. Pour inventer une approche globale du développement régional, il faut faire confiance au talent de la communauté. Pour se sentir bien en région rurale, il faut l’enrichir de notre présence et l’aimer comme s’il s’agissait de notre propre famille, la trouver belle et la présenter comme la plus belle place au monde!

Vers un changement d'approche
Le phénomène du nombre élevé de jeunes qui quittent leur région pour aller s’installer dans les centres urbains est universel. Il est dû, entre autres, à leur plus grande scolarité, ce qui favorise une plus grande mobilité.

 Il faudra donc développer un sentiment d’appartenance en les impliquant dans les projets de la communauté. Favoriser leur attachement à cette communauté dès l’enfance, en leur offrant un environnement stimulant au point de vue des activités physiques, culturelles, sociales. Après avoir tant reçu de son patelin, comment ne pas ressentir une ferveur à y revenir afin de faire profiter les gens de ces compétences acquise? Permettons aux étudiants de revenir dans la communauté en leur offrant des opportunités d’emplois d’été où ils pourront renouer les liens avec les gens et qui sait, peut-être reviendront-ils à la fin de leurs études.

 Les écoles ayant été la pierre angulaire des régions, on aurait avantage à réanimer ces écoles rurales désaffectées en y regroupant tout ce qui donne vie à une communauté : associations, activités culturelles, clubs sociaux, clubs de jeunes, etc. Il en va ainsi pour les écoles toujours opérationnelles : que leurs portes soient ouvertes à toute la communauté afin que, sans distinction, tous puissent profiter du gymnase, de la salle de musique, de l’amphithéâtre, etc.

 Enfin, changer l’attitude du « tout dans ma cour arrière » en faveur d’une concertation régionale permettra d’obtenir plus, au lieu de tout perdre au détriment des communautés rurales. Celles-ci devront s’associer au centre urbain avoisinant non seulement pour profiter de ses services, mais aussi pour contribuer financièrement à leur maintien. Toutes les communautés ne peuvent pas tout avoir : services de santé spécialisés, écoles avec toutes les installations, etc. Il est impératif de développer une solidarité régionale et des partenariats entre les différentes communautés rurales et les centres urbains.

 Mais il n’est pas facile d’accepter des solutions à nos problèmes, suggérées par des gens venant de l’extérieur de notre communauté et qui ne connaissent pas vraiment notre réalité. La concertation régionale, impliquant tous les gens du milieu, permettra de faire des choix judicieux. Faudrait-il revenir en arrière et emprunter le modèle des cercles d’étude régionaux (tables de concertation) créés pour répondre aux besoins des gens du milieu afin de leur permettre de se regrouper autour d’une table pour étudier les problèmes de leur milieu et pour ensuite suggérer les solutions adaptées à leur milieu.  Peut-être!

 Chose certaine, il n'y aura pas d'autosuffisance basée sur un développement durable sans participation citoyenne.


Menu mémoires Haut