Des pouvoirs en trompe-l'oeil :
le livre blanc sur l'éducation
(suite)
2 - Lérosion de la dualité
Le Ministre veut rassurer les Acadiens sur le respect de la
dualité. La dualité implique que chaque communauté linguistique
développe sa propre programmation, établisse ses propres profils
visés et les moyens de les atteindre. Mais à y regarder de
près, cest à une dualité bien particulière à laquelle
nous convie le livre blanc lorsque lon connaît la somme
des pouvoirs réservés au Ministre.
Considérée comme un outil efficace de gestion de léducation
par les Acadiens, la dualité perd de son sens face à la centralisation
abusive des pouvoirs au profit du Ministre. On aurait tord,
en effet, de considérer la dualité comme un absolu en soi,
alors quil sagit bel et bien dun moyen de
gestion endogène de notre éducation, cest-à-dire qui
permet aux Acadiens de déterminer eux-mêmes la gouverne de
leur éducation. La communauté doit donc disposer du contrôle
effectif de son éducation pour que la dualité ait un sens.
Le livre blanc nous amène à nous poser ces questions, alors
même que des signes nous parviennent de lérosion pure
et simple de la dualité. Ainsi, tandis quen façade le
livre blanc veux nous rassurer en posant la dualité comme
la pierre angulaire de la nouvelle Loi, à Frédéricton, on
fusionne des services pour les fondre dans un environnement
bilingue.
Rien nassure donc quentre les mains dun
Ministre omnipotent, les intérêts de la communauté des Acadiens
du Nouveau-Brunswick soient préservés lors de telles négociations.
Ils le seraient davantage si les membres de la Commission
étaient investis dun véritable pouvoir
La SAANB recommande que :
les membres de la Commission doivent être les seuls habilités
à accepter la mise en commun des services intra-provinciale
et inter-provinciale dans le respect de la dualité et des
institutions distinctes.
Conclusion : un recul pour les Acadiens
Les Acadiens font office de pionniers au Canada en matière
de gestion de léducation. Ils nacceptent pas dêtre
relégués au rang dune simple minorité sans pouvoir de
gestion, dirigés par un gouvernement avide de pouvoir qui
leur soustrait la gestion des écoles.
En somme, la SAANB recommande que :
les membres de la Commission doivent être les seuls habilités
à accepter la mise en commun des services intra-provinciale
et inter-provinciale dans le respect de la dualité et des
institutions distinctes.
le Ministre reconnaisse le droit exclusif de la communauté
des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick à la gestion
et au contrôle de leur éducation, par le biais dune
structure décentralisée, sur le plan provincial, régional
et local
le Ministre assure lautonomie des membres de la Commission
provinciale de léducation en matière de pouvoir de dépenser,
de gestion des programmes et des écoles, ainsi que de ladministration
du personnel, au niveau provincial, régional et local
le Ministre inclut dans la Loi la partie du jugement Richard
relativement à la fréquentation des classes dimmersion.
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