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Mémoire de la SAANB
présenté à la Commission consultative
sur la gouvernance de la société civile
acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick
Mai
2006
La Société des Acadiens et
Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB) se présente devant
cette commission
avec un esprit d’ouverture et désireuse de
participer au débat sur la structure
de représentation de la société civile
acadienne du Nouveau Brunswick. Les objectifs de la
SAANB sont d'unir tous
les Acadiens et Acadiennes de la province,
c’est-à-dire tous les francophones,
et de les sensibiliser aux problèmes sociaux,
économiques, culturels et
politiques qu'ils doivent affronter ainsi que d'intervenir
auprès des pouvoirs
publics dans l'élaboration et la mise en oeuvre de mesures
législatives et
politiques visant à assurer le mieux-être de la
communauté acadienne dans son
ensemble.
Réflexions sur la gouvernance
La gouvernance et la représentation
de notre société dans un contexte où
nous sommes minoritaires sur le plan
provincial sont des questions
d’importance pour la SAANB.
La gouvernance dans le contexte qui nous concerne, se situe
à plusieurs
niveaux : la gouvernance locale et
les instances
paragouvernementales, telles que les régies
régionales de santé et les conseils
d’éducation, et finalement nos gouvernements
fédéral et provincial. Et bien
sûr, il y a la gouvernance de la
société civile, plus particulièrement,
la
structure de représentation de cette dernière.
En ce
qui a trait
à la gouvernance locale, c’est souvent un niveau
de
gouvernance que nous maîtrisons. En effet, nous sommes
majoritaires dans
plusieurs municipalités, qui sont pour la plupart
regroupées au sein de
l’Association francophone des municipalités du
Nouveau-Brunswick. Plus de
60 % de notre
population
habite des régions non incorporées.
Pourrions-nous
penser à l’élargissement des
municipalités existantes et au regroupement de DSL
au sein de structures électives de façon
à élargir ce niveau de représentation?
Pouvons-nous envisager des conseils régionaux, respectueux
de la composition
linguistique de nos régions, qui limiteraient
le morcellement que nous
connaissons et prendraient en main notre développement
régional?
Actuellement,
nous développons notre société aussi
par l’intermédiaire du réseau
associatif.
Dans les associations homogènes ou dans celles où
nous sommes majoritaires,
nous assurons de façon effective notre
développement.
La
société acadienne s’est
donnée un réseau associatif provincial
regroupé au sein du Forum de concertation des organismes
acadiens (Forum).
Actuellement, ce réseau est géré par
la SAANB, mais la gestion et la présidence
du Forum peuvent être assumées par
différents membres du Forum par appel
d’offre et d’élection. Cette nouvelle
façon de fonctionner remet en question le
lien organique entre deux structures complémentaires de
représentation de la
société acadienne.
Le
Forum
est une concertation large du milieu associatif acadien. Cette
concertation
n’est cependant pas exhaustive. Faut-il
l’élargir à l’ensemble du
milieu
associatif? Le Forum ne peut prendre position effectivement que
lorsqu’il y a
un large consensus et se sort difficilement d’une dynamique
sectorielle, voire
corporatiste; c’est-à-dire qu’il peut
difficilement aborder les questions au
niveau sociétal et réagir rapidement à
l’actualité politique.
Par
la
SAANB, les individus et les autres associations peuvent avoir droit au
chapitre
dans la structure de représentation de la
société acadienne. Si la SAANB peut
effectivement compléter le Forum à cet effet et
réagir plus rapidement à
l’actualité, il
faut repenser le lien entre la SAANB et le Forum
pour avoir plus de cohésion dans la structure de
représentation de la société
acadienne.
La
représentation
En ce qui a trait à notre
représentation au sein des gouvernements, il
n’existe aucune structure qui permette
l’expression d’une voix communautaire. Il y a bien
sûr des circonscriptions où
nous sommes majoritaires : quatre (4) au
fédéral et une
quinzaine au provincial. Aucun parti ni
aucun caucus linguistique n’existent au sein des partis
politiques actuels.
Notre poids démographique et notre densité nous
permettent cependant d’avoir
une influence réelle, mais pas d’instances qui
nous soient propres. Dans les
années quatre-vingt-dix, certains proposèrent une
assemblée communautaire
formée à partir de pouvoirs
délégués de
l’Assemblée législative provinciale. Si
la nécessité de cartes électorales
superposées rend difficile d’application ce
modèle dans le contexte politique actuel, peut-on envisager
des voies
intermédiaires? L’assemblée
délibérante que nous envisageons pourrait-elle
intégrer les élus
fédéraux, provinciaux
et municipaux?
(Suite)
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