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RÉALITÉS HISTORIQUES ACADIENNES


 

La Déportation des Acadiens


Marie-Claire Pitre

(Publié en vertu de l'autorisation du ministère de l'Environnement - Ministère des Approvisionnements et Services Canada 1986 QS T280 000 BB A1)
CANADA
Environnement Canada, Parcs

La déportation des Acadiens
La Déportation occupe une place très importante dans l'histoire acadienne. De 1755 à 1763, la plus grande partie du peuple acadien a été déportée dans les colonies américaines, en Angleterre et en France. Les Acadiens, exilés ou fugitifs, ont traversé une longue période d'errance à la recherche d'une nouvelle terre d'accueil. Les Acadiens survivants de cette période d'errance à la recherche d'une nouvelle terre d'accueil. Les Acadiens survivants de cette période l'ont qualifiée de «grand dérangement».

L'Acadie, colonie fondée en 1604, se distingue par son emplacement géographique. À l'époque où la France et l'Angleterre colonisent le continent nord-américain, l'Acadie se situe entre deux colonies importantes et antagonistes : la Nouvelle-Angleterre au sud et la Nouvelle-France au nord. Ainsi pendant toute son histoire, l'Acadie est malgré elle entraînée dans une série de conflits militaires.

Le premier foyer principal de peuplement acadien a été la région du Port-Royal. À partir de 1670, la population essaime vers le fond de la baie Française. Elle occupe la région de Beaubassin vers 1672 et celle du bassin des Mines vers 1686. Cette expansion correspond à l'essor démographique de la population acadienne qui passe de 400 en 1671 à 2 900 en 1714.

De 1604 à 1713, l'Acadie change de mains à sept reprises. Laissés souvent à leur sort, les Acadiens développent un esprit d'indépendance. Or jusqu'en 1710, malgré les conquêtes, la présence anglaise ne se manifeste que par les visites de marchands et de pêcheurs qui exploitent les richesses du territoire acadien. Les choses prennent cependant un tour différent après la capitulation de Port-Royal en 1710. On y installe alors des troupes anglaises et on rebaptise l'endroit Annapolis Royal.

En 1713, le traité d'Utrecht, signé entre la France et l'Angleterre, cède l'Acadie aux Britanniques. La France perd aussi la baie d'Hudson et Terre-neuve, mais conserve l'Île Royale (Cap-Breton) et l'Île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard). De plus, elle maintient une présence sur le territoire actuel du Nouveau-Brunswick, région disputée par les Anglais.

Le traité d'Utrecht laisse le choix, aux Acadiens du territoire rebaptisé "Nova Scotia", de prêter serment à la Couronne britannique ou de quitter les lieux dans un délai d'un an. La France développe l'Ile Royale et tente d'abord (de 1713 à 1720) d'y attirer les Acadiens, mais ceux-ci détiennent des terres fertiles et sont déçus de la qualité des terres proposées. Peu après, les autorités françaises, qui anticipent un retour offensif en Nouvelle-Écosse, songent qu'il est préférable d'y laisser les Acadiens.

De leur côté, les Anglais, alors peu intéressés à coloniser la Nouvelle-Écosse, n'ont pas intérêt à laisser les Acadiens renforcer la présence française à l'Île Royale. Ils les dissuadent de partir en leur interdisant de construire des bateaux et de vendre leurs propriétés et leur bétail. La principale préoccupation anglaise est d'amener les Acadiens à prêter le serment d'allégeance.

La question du serment va hanter les Acadiens pendant plusieurs années. Ils refusent de prêter un serment sans condition puisqu'ils tiennent à conserver leur liberté religieuse et à être exemptés du port d'armes en cas de guerre. Finalement en 1730 le gouverneur Philipps accepte ces conditions sous promesse verbale, et les Acadiens deviennent des sujets neutres.

Pendant une trentaine d'années, la Nouvelle-Écosse connaît la paix et se développe à un rythme exceptionnel. Si bien qu'en 1755, on compte environ 13 000 Acadiens. Ceux-ci n'inquiètent pas outre mesure les autorités anglaises; ce sont plutôt les Amérindiens qui leur causent des soucis. Gagnés à la cause française, ces derniers sont demeurés sur le pied de guerre contre les Anglais. Par ailleurs, la Nouvelle- Angleterre accepte mal l'ampleur qu'a pris Louisbourg au cours des années. Cette forteresse est devenue un centre commercial très important et un sérieux concurrent pour les colonies anglaises.(suite - La tension monte)

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